C’est ça

Desfois je me demande tellement dans quel monde je vis. J’suis tannée des standards de beauté pis de tout c’qui tourne autours des réseaux sociaux. Si seulement on appréciaient la vie telle quelle est, comme avant.

J’trouve ça plate de savoir qu’avant même de m’avoir parler tu t’es faite une idée de c’que je vallais dût à mon Instagram, dût aux posts que je publie sur Facebook et au nombre d’abonné que j’ai.

J’trouve ça plate que tu t’es faite une idée de ma personnalité en te fiant qu’à mes photos où l’on voit mon style vestimentaire.

J’trouve ça bin poche de voir que mes lunettes rondes te font croire que j’aime l’école et que je ne sors pas de chez moi. Puis que mon veston de jeans te laisse croire que je magasine dans les friperies du coin et que je ne suis pas à la mode, donc que je ne suis pas assez  »in » pour toi.

Dans le monde dans lequel on vit, si t’es pas assez 2018 tu vaux pas la peine d’être connu des autres. Tu mérites jugements négatifs et rejet de tes paires.

J’comprenderai jamais pourquoi les gens se disent  »ouvert d’esprits » si tout ce qui font c’est s’ouvrir aux gens qui on 10K et + d’abonnés, puis qu’le reste peut très bien rester le reste. C’est là à vouloir changer le monde en voyageant, puis en postant d’la photo goal pour Instagram, que ça se concentre même plus sur rien, excepter de ce qui peuvent avoir l’aire aux yeux des autres.

J’trouve ça plate qu’les choses soient rendu comme elles le sont.

C’est tellement démoralisant de voir qu’y’en a qui sont là à essayer de s’inclure dans société pis qu’y’essayent bin dur de se faire aimer des autres, mais qu’à cause de leur Instagram inactif depuis longtemps et de leur photo de profil Facebook qui date de 2014, on les rejette, puis les considère comme étant  »peu importants ». J’aimerai ça desfois secouer le monde un peu pour leur faire comprendre que ceux qui ne sont pas  »in » sur les réseaux sociaux sont tellement plus intéressants, y’on beaucoup plus à raconter que toi qui ne vis que pour ses photos.

J’trouve ça gossant m’faire regarder croche parce-que j’étudie dans le petit café du coin, au lieu d’étudier chez moi, caché du reste du monde, parce-que c’est dont humiliant étudier, pis d’accorder du temps à autre chose que son téléphone, hein.

Desfois je doute de la définition du terme  »ouverture d’esprits » de certaine personne. J’comprend qu’on a pas tout la même, mais encore là.

Si je dis rapidement la mienne, se serait d’être capable de fonder une opinion sur quelque chose par sois même, de porter jugement une fois avoir vu/vécu, d’approcher les gens de façon à vouloir connaitre la personnalité de celle-ci. De comprendre que chaque personne a une opinion différente et que chaque personne a le droit de l’exprimer sans ce le faire reprocher juste parce que toi tu penses différemment. C’est de savoir que chaque personne sur terre se bat contre quelque chose et que rien ne vaut le prix d’être prit à la légère.

Les réseaux sociaux nous font comprendre que la définition du  »body goal » se base sur une fille photoshopée, pis que ces filles là, se base sur leur ventre plat pis sur leurs fesses gonflées pour attirer l’attention du monde, pis ces filles là se permettent un peu trop, de juger les autres qui essayent tant bien que de mal d’aimer leurs courbes pis d’aimer le fait que leurs cuisses ont de la pogne, pis ça osent dire que  »leur corps » fait parti des choses qu’elles aiment. J’ai d’la misère à voir le girl power au travers tout ça.

Ça nous fait comprendre aussi que les gars, plus y baisent et brisent la confiance de certaines filles, plus sont cool, puis plus y l’affichent, mieux c’est.

Je sais que c’te texte la même nul part, mais on dirait que ça vient me chercher de voir qu’y’en a qui se battent à savoir qui ils sont, puis qu’t’as les autres qui sont là à essayer de montrer aux vivants d’la terre qui sont le grand modèle à suivre, comme s’ils étaient mieux qu’le reste du monde à cause de leurs abonnées, de leurs photos pis d’leur argent.

J’pense vraiment pas que c’est gens là sont ceux avec qui tu peux avoir la plus grande discussion par rapport à la vie, par rapport aux valeurs de quelqu’un, sur ses intérêts personnels pis sur c’qu’ils vivent. Ça pensent juste à leurs notifications, leur vie téléphonique prend tellement le dessus, du genre que passer une heure sans téléphone, j’comprend que c’pu facile, mais pour eux, god si tu savais.

C’est triste de se dire maintenant, que si t’es une fille, puis qu’un gars t’approche tu penses automatiquement au fait qu’il ne veut que le côté sexuel de votre nouvelle relation, pis qu’y’aura rien de plus autour de ça. Puis de penser que si une fille t’approche c’est bin juste parce-que sur tes photos tu parais vraiment bien.

Stupid phone world pis c’est le cas d’le dire.

J’suis tannée, j’ai juste envie d’être moi, d’aimer c’que j’aime pis d’le montrer, de dire c’que je pense sans le chuchoter, pis de porter c’qui me tente sans me sentir jugée. J’ai envie de savoir qu’les gens s’intéressent à mon moi intérieur, à c’que je pense, à c’que j’aime, à mes buts. Pas juste à mon apparence pis mes belles affaires sur internet, j’veux qui m’aiment pour c’que je dis , puis c’que je fais, pas c’que je post. J’veux savoir que j’attire ceux que j’attire avec mon intelligence pis ma façon de penser, pas juste parce-que j’suis petite pis qu’mes cheveux sont plats. J’veux savoir que mes soirées un peu trop  »p’tite grenouille laval » te font pas hontes pis qu’au contraire, qu’t’es fière faire partie de ma vie malgré ce côté plus n’importe quoi de ma personnalité, parce-qu’au fond tu l’acceptes en entier ma personnalité. Qu’t’es pas juste dans ma vie les lundis pis les mercredis.

J’veux pouvoir me dire chaque matin, que je suis assez  »in » pour moi, que j’suis assez drôle pour moi pis assez belle pour moi. J’veux pouvoir m’le dire sans avoir besoin d’faire approuver ça par quelqu’un. J’pense que pour moi, ça c’est un  »life’s goal » d’atteindre les 200K abonnés sur mes réseaux sociaux, ça, loin d’en faire partit. Pis j’en suis tellement fière. J’veux pouvoir me coucher le soir pis me rappeler qu’aujourd’hui j’ai fais sourire bien des gens, puis qu’j’en est aider beaucoup aussi pis que ça, bin ça aider à ce que ma journée devienne plus belle, j’veux pas me rendre au point où un nombre de j’aime sur ma nouvelle photo peut définir mon bonheur. C’est wrong ce genre de bonheur virtuel là.

Bref, j’fini ça parce-que demain je travaille à 6h a.m pis que je vous cacherai pas que c’te texte ma vider à mille de mon énergie.

Appréciez dont la vie, ce quelle est, ce qu’elle vous donne et ce qu’elle vous apprend, au lieu d’apprécier la luminosité de votre écran de cell le matin en vous levant.

Sur ce, bonne nuit.

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8 Replies to “C’est ça”

  1. Bon j’avais dit que je reviendrais. Ce doit faire près de 15 ans que je blogue, un peu partout et plus récemment chez-moi. Je ne le fais plus pour gagner ma vie. Je blogue comme tu le fais sur mes opinions, mes émotions, mes sentiments. Je tiens à te féliciter d’exprimer ton point de vue sur ta plateforme. De prendre le temps d’aller au-delà des 140 caractères (ça a doublé il parait ?). Il y a un sérieux cri du coeur derrière ce texte. Il démontre qu’il y a quelque chose de cassé. De brisé. Je le dis depuis plusieurs années (j’ai 45 ans). J’ai été consultant en nouvelles technologies dans des sphères pas mal hautes et j’ai su assez tôt que quelque chose se brisait. Les 15 minutes de gloires, l’illusion d’être, allait transformer à jamais ce monde, ses gens.

    J’ai mis des années à trouver le grand amour que j’ai maintenant. On s’est trouvés dans un café où elle venait étudier ! J’y travaillais comme garçon de café dans un virage que j’avais choisi le temps de réfléchir à ma vie, à mon « j’en ai plein le cul de cette frime »… de Tinder, du poly-amour, des relations ouvertes, des one-night… du vide de substance.

    J’avais besoin de reconfronter les idées, de faire table-rase de l’actuel, de ressentir autre chose que ces mobiles.

    Sois patiente. Ce monde (les gens dont tu parles dans ton texte) se dirige doucement vers sa propre solitude. Son échec. Facebook échappe les données, perds plus de 120 milliards en bourse actuellement, la solitude ronge un peu tout le monde, ce n’est qu’une transition. Elle est lourde, longue, triste, mais nécessaire. On recule sur tous les plans, dont le féminisme, les respect de l’image de la femme, mais soyons patients. Il y a aussi le #bodypositivity, la reconnaissance des sapios-sexuels, les hommes de mon âge du moins qui se requestionnent sur ce qu’est le masculin, et il y a des Noémie qui réfléchissent. C’est nécessaire.

    Tes textes aussi sont nécessaires. Ne regarde pas tes visites. Sois patiente aussi. Écris, continue, longtemps, souvent. Exprime, milite de tes textes. Ça finit par faire son chemin. Bien à toi !

    Aimé par 4 personnes

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